Ils sont là
les soldats. Le lieutenant me demanda de lui préparer un café, je lui dis
que je n’ai pas de sucre. Il rétorqua en m’ordonnant de voir mes voisins pour
m’en procurer.
-
Je vais de ce pas t’en chercher quelques
morceaux.
-
Zahra s’en alla en coup de vents, la voila de
retour plus vite qu’elle n’était partie.
Elle remet
le sucre à Ouerdia en l’accompagnant de
ses prières :
-
Que Dieu vous protège!
Ouerdia s’en retourna chez elle pour
préparer ce café tant désiré.
Le café prêt, elle tendit une tasse bien
remplie à son mari qui feint la surdité. Elle l‘interpelle à plusieurs reprises
à haute voix, Mokrane continuait de faire le sourd.
Le résultat est épatent, l’officier finit
par admettre que Mokrane était un grand malentendant.
Ouerdia fit signe de la main imitant le
geste d’une main qui porte une tasse à la bouche pour ingurgiter le précieux
liquide.
D’autre part, Ouerdia ; par ce geste
anodin, voulait éviter toute compromission, en cas de pépins de santé qui
surviendraient à l’officier français dans les heures qui viennent. On ne sait jamais, une grippe,
une intoxication, et pourquoi pas un empoisonnement pourraient être payés chers pour une simple tasse de café préparée pour
un gradé de l’armée française. Les lois qui régissent une armée en temps de
guerre n’échappent pas à notre dame qui pourtant affiche une mine naïve, et qui
vit au milieu de groupes que l’administration coloniale affuble de
« terroristes ».
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